Propagande autour de la révision de la constitution : Combien a coûté la normo-communication ?

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C’est un secret de polichinelle. La caisse de l’Etat a été mise à contribution dans le cadre de la révision de la constitution du 11 décembre 1990. Aussi, avant, pendant et après ce passage en force de la modification de la loi fondamentale, le quatrième pouvoir a été la couche la mieux entretenue après bien évidemment les députés révisionnistes. L’argent du contribuable a largement circulé. Il suffit de lire les productions journalistiques et les commentaires sur les réseaux sociaux pour se rendre compte que la motivation y est. Quand on connaît la presse béninoise pour son hostilité à un partenariat basé sur le volontariat, on devrait logiquement d’interroger sur la cagnotte dépêchée pour rallier ce grand nombre d’entreprises de presse à la cause. Du moment où les médias internationaux ont été disqualifiés, parce que vu dans une posture d’opposition, la presse locale s’est vue accordée la part belle dans le cadre de la campagne propagandiste sur la modification de la loi fondamentale. Dans une monotonie inouïe, le message a été porté au-delà des confins. Comme si, ces communicateurs ont été internés pour être enfin suffisamment briffé sur les exigences de la normo-communication. Une nouvelle tendance qui arrache au quatrième pouvoir, ce qu’il a de plus cher à savoir l’angle de traitement de l’information. Des titres ronflants, uni-conceptuels et qui n’ont rien à voir avec le domaine de la légitimité professionnelle. Une presse domptée, domestiquée voire infantilisée ne peut jamais être la marque distinctive de la démocratie. Or, en journalisme, lorsqu’on se fourvoie, de façon éhontée et systématique dans l’information orientée, c’est-à-dire, dans la production de faits préconçus, prédéfinis, pré-calibrés et même préfabriqués, on devient un facteur multiplicateur de tensions sociales et politiques. Loin d’être un combat de conviction, il y a forcément un aiguillon financier dans ces débauches intellectuelles dans lesquelles s’identifie rarement la presse béninoise, au point où les acteurs d’une même profession se déchirent avec des invectives insipides et assez suicidaires pour le métier. Le cas de Aboubacar Takou du journal ‘’ Béninois libéré ‘’ et Boris Tougan du quotidien ‘’L’enquêteur’’ illustre bien les faits. Une presse non affranchie et dont les principaux acteurs vivent, respirent, s’habillent, dorment et meurent dans les poches corrompues des entreprises politiques, parfois en mal d’inspiration. A quand l’examen de conscience ? Pourquoi devant l’espèce sonnante et trébuchante, les journalistes peinent à se faire une bonne identité ? Chacun de nous devra apporter une réponse à ces interrogations. Quel réquisitoire le président Patrice Talon dressera encore contre la presse nationale avant 2021 ? Lui qui n’a jamais été satisfait de la normo-communication qui, comme une pompe à vidange ou un aspirateur, consomme assez de budgets pour des résultats non concluants à l’arrivée. Peut-être que les prochaines réformes s’intéresseront à ce département de la Présidence de la République qui, pour l’heure, reste des moins improductifs.

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