Poursuite de Yayi, Ajavon, Koutché Djênontin et consorts

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Talon lâche pied

Entre autres recommandations issues des assises du dialogue politique national des 10, 11 et 12 octobre dernier, figurent en bonne place les mesures d’apaisement politique. Si les quatre autres recommandations à savoir : la relecture de la charte des partis politiques et du code électoral, l’institution des élections générales, une meilleure représentation du peuple par les femmes, l’actualisation et la mise en œuvre effective de la loi portant statut de l’opposition ne sont pas moins importantes, celle relative aux mesures d’apaisement attire les attentions au même moment qu’elle suscite de grands débats au sein de l’opinion publique. Dès lors, d’aucuns se posent la question de savoir ce qu’on peut entendre par mesures d’apaisement. Avec qui le président Patrice Talon est-il en conflit pour être obligé de tout renoncer ? Le dialogue politique national nous a donnés des indices. Certaines formations politiques présentes à ces assises ont émis le vœu ou ont fait la doléance à l’endroit du chef de l’Etat pour que les citoyens béninois contraints à l’exil, ou du moins, qui ont des ennuis judiciaires, puissent regagner la terre de leurs aïeux. Dans quelle possibilité le président Patrice Talon pourrait satisfaire à une telle doléance ? D’abord de manière constitutionnelle. A travers son pouvoir discrétionnaire, le chef de l’Etat peut décider de gracier des personnes qui ont des soucis avec la justice ou même qu’on estime qu’elles constituent une menace pour la sureté de l’Etat. Dès lors, l’une apparaît comme une contrainte constitutionnelle tandis que l’autre relève d’un état d’esprit, de la sagesse humaine ou carrément d’un consensus. Dans le cadre du dialogue politique national, le président Patrice Talon se trouve confronté à deux réalités constitutionnelles. Mais ici, il ne s’agit pas des faits de justice avérés et ayant conduit à la privation de liberté pour qu’on puisse parler de grâce présidentielle. Si le chef de l’Etat accepte que les exilés politiques retournent au pays, c’est dire qu’il les a amnistiés. Ce qui pourrait laisser dire que le président Patrice Talon a pardonné. A ce niveau survient une double interrogation. Est-ce de sa propre volonté ou bien c’est les circonstances qui l’y obligent ? Il va falloir sans doute consulter l’oracle de Delphes pour le savoir. Seulement lorsqu’on lit l’actualité politique avec les yeux d’aigle, il est difficile de croire que, la décision de laisser revenir au pays des citoyens béninois partis en exil pour une raison ou une autre, relèverait d’une bonne foi. C’est peut-être sous la pression qui fuse de partout que le président Talon a lâché pied. On ne dénie pas à l’homme les qualités de pardon et de paix. Mais quand on analyse en profondeur les faits qui ont précédé la décision d’amnistier les exilés politiques, celle-ci apparaît comme une contrainte. Toute réflexion faite, le président Patrice Talon n’avait pas d’autre choix. Si une autre alternative s’offrait à lui, il n’hésiterait pas à y recourir. De là, on ne serait plus en train de parler d’amnistie. Les mesures d’apaisement qui transparaît dans le rapport de synthèse général pourraient se transformer en une autre bataille rangée. Boni Yayi, Sébastien Ajavon, Komi Koutché, Valentin Djênontin et consorts ne seraient pas en train de rêver du Bénin. Mais aujourd’hui, ils ont la nostalgie du pays parce que le temps l’a décidé et non les hommes. Comme pour dire, tout ce qui a un début a une fin.

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