Bénin: quel péché a-t-elle pu commettre la députée Fagla ?

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Sedami Fagla, députée à l'Assemblée nationale

Une publication de l’honorable  Sèdami Awoyogbé Medegan Fagla alimente depuis peu les réseaux sociaux. Dans sa publication où elle a émis sa peur et des inquiétudes sur la démocratie en Afrique dans un contexte où elle semble entrevoir une manipulation de la population,  de la jeunesse et du chantage politique de la part d’ acteurs politiques dont la finalité est de quémander un poste ou de l’argent, le docteur essuie depuis des commentaires à la limite désobligeants et acerbes. Finalement, on est en passe de se demander si au Bénin, Sèdami Fagla n’a plus droit à la parole.

Une publication qui génère assez de commentaires en moins de 72 heures.

‘’L’expression de soi peut trahir le profond de soi-même. Votre grille d’analyse n’est point dénudée d’oripeaux partisans. Votre propos est truffé de vacuité. Le texte manque d’homogénéité, manque de concordance et rate sa cible. Ne soyez point effarouchée si la majorité de vos abonnés crie haro sur votre baudet. C’est le peuple qui parle!’’

C’est cela le commentaire d’un internaute. Un exemple parmi tant d’autres qui montre qu’une partie des béninois  n’a du tout pas digérer cette publication,  dont l’élue seule connait les vraies motivations.  Seulement quelques heures après et la publication a généré nombre de commentaires. Rares sont ceux qui ont partagé l’avis de l’honorable sur la démocratie au Bénin et en Afrique dont elle parle.  De même que les soutiens. Celui-ci  en est une illustration.

‘’Honorable Sèdami Medegan Fagla autant que chacun est libre de ses commentaires, je trouve que votre post est sans ambiguïté aucune. Anyway comme le dit si bien un proverbe africain : « Les maraudeurs ne jettent des pierres qu’à un arbre qui porte des fruits ».

A considérer l’attaque du texte, c’est à croire que Fagla est dans une posture d’élue au parlement béninois qui s’exprime aux fils et filles du continent africain. Lorsqu’elle écrit par exemple, ‘’Sœurs et frères d’Afrique… Qu’il me soit donc admis une fois de plus, de sortir du cadre du Bénin, un peu circonscrit, pour appréhender au niveau continental, les dérives des briseurs de rêveChères africaines, chers africains, l’échéance qui pointe, la présidentielle, nourrit la résurgence florale des plantes déjà desséchées par la RIGUEUR DU NOUVEAU CLIMAT POLITIQUE’’.  On ne doit plus se tromper de sa cible. Mais à lire le fond, c’est tout comme si les africains étaient un tribunal devant lequel elle convoque l’opposition béninoise se basant sur la présidentielle qui s’annonce pour 2021, le système du  parrainage et tout ce que reproche l’opposition à la rupture.

‘’Pourquoi détruire ce qui marche ? L’État n’est le fond de commerce de personne. Je prends pour soubassement la situation politique actuelle du Bénin. Certes on me dira que ce n’est pas le pire, mais faut-il laisser la place à ceux qui sont prêts à rechercher du gras sur une bête même squelettique ? Pour moi, c’est non !…,  En ma qualité de personnalité politique, je n’ai vu ici en pratique aucune expression de la dictature, ni de volonté d’hégémonie. Ceux qui crient aujourd’hui ont été ceux qui ont baissé la garde quand il a fallu jouer à la démocratie avec les règles originelles helléniques. Je peux y revenir plus amplement. Chers concitoyens, dans tous les cas, avec son pouvoir de parrainage, chaque élu aura à jouer le jeu de la population qui a voté pour lui et s’il le faisait mal, il reviendrait à celle-ci de le rappeler à l’ordre,   écrit-elle.  

La défenseuse de Talon ?

Dans sa publication, on voit Fagla entrain de défendre corps et âme le président Talon. L’opposition parle depuis 2016 de restriction de liberté… Mais rien de tout ça n’est vérifier à se fier au poste de la député. ‘’En ma qualité de personnalité politique, je n’ai vu ici en pratique aucune expression de la dictature, ni de volonté d’hégémonie. Ceux qui crient aujourd’hui ont été ceux qui ont baissé la garde quand il a fallu jouer à la démocratie avec les règles originelles helléniques’’.

Dans une démocratie normale comme le sent Fagla, nul n’a le droit d’empêcher son prochain de s’exprimer librement. Ce qui confère au docteur le pouvoir d’opiner sur l’actualité de son pays. Et puisqu’aucun royaume ne peut se rebeller contre lui-même, Fagla a et le droit et le devoir de défendre ce que décrie les autres sans en être empêchée. Chose normale qui caractérise la particularité de la démocratie béninoise. Et là, elle est dans son rôle.

Les chéloïdes du passé…

Depuis le 17 mai 2020, il n’y a plus de publication de Fagla où un commentaire ne lui rappelle ses propos injurieux qu’elle a proférés à l’endroit d’un policier. Et la plupart du temps, les internautes, ne font fait que demander à la coordonnatrice de la quinzième circonscription électorale au sein de son parti de présenter des excuses publiques pour sa  frasque avec l’élément de la Police Républicaine.  Cela était déjà encré dans les mémoires et on peut le dire, a fait naître une sorte d’inimitié en Fagla et des internautes. Cette légèreté n’a l’air de rien, mais qui sait si les excuses pourraient amoindrir les commentaires désobligeants sur les postes de la député ? L’image de la député reste en jeux même si on lui reconnait sa position d’élue, mais contestée par d’autres.

Ce que risquerait Fagla…

A défaut de  pouvoir se taire, il lui faut désormais trouver un canal qui ne permet pas assez de retours indésirables pour s’exprimer. Le contraire, elle ne rend ni service à son parti politique, ni  à elle-même. Parce que finalement, elle sera étiquetée comme l’élu indésirable du peuple, ce qui pourrait hypothéquer son avenir politique surtout qu’elle est au parlement pour la première fois.  Elle risque d’être fracassée, fragilisée et descendue de son piédestal. Cependant, elle peut au regard de sa conviction et au nom de son amour pour l’Afrique et le Bénin toujours maintenir le cap. Sa lutte est légitime, mais sa notoriété en dépend. Une autorité sans base, n’a aucune considération au sein de son parti. Etre en disgrâce avec ses mandants serait le péché qu’elle a commis. Mais comment se faire pardonner ? Une cérémonie propitiatoire s’impose, très simple.

Edem Abdias SOSSOUKPE

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